Un extrait de Coquelicots Varsovie dont je vous ai déjà parlé (Huguette Hérin-Travers. Editions Cénomane)

Lydie ne s'est pas inscrite dans l'évidence d'être nécessaire au monde. Elle n'a pas cessé de s'interroger sur sa légitimité. Nom, prénom et tout le tintouin. Pourquoi posée là, puis ailleurs. Pas cessé non plus de s'inquiéter du sort des personnes qu'elle identifie comme issues des mêmes territoires indéterminés qu'elle, ceux que l'on n'attendait pas, ceux auxquels on n'a pas envie de s'habituer. Mais Lydie n'est pas d'emblée dans la noirceur; elle dit souvent que les fleurs de fossés plus secrètes et mystérieuses sont de ce fait plus belles. Nous sommes des empêtrés de la vie, c'est vrai, mais personne ne peut juger de notre volonté ou non d'appartenir à un monde conformiste-ou installé, c'est presque pareil.

D'après vous, est-ce que Lydie aime le vieux linge ?
Comme ce drap que m'a offert Pascaline.
Dans l'air léger des chambres ouvertes
les matins de printemps,
il va laisser le corps prendre sa place,
au bord de la fenêtre,
au bord du monde,
contre la rugosité du mur de la maison.

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Du vieux linge
pour des mots qui restent à dire...